16 juillet, 2017

Erratum dans mon article sur Schönborn et les Dubia


Chers lecteurs, la précipitation et un clavier défaillant ont fait que j'ai laissé passer quelques erreurs importantes dans mon article sur le cardinal Schönborn et les « Dubia ». Certaines nuisaient gravement au sens. Merci à ceux d'entre vous qui avez eu la bonté de me les signaler. Le texte amendé est par là.

Je me permets de vous resignaler aussi le beau texte du pape émérite Benoît XVI à l'occasion des funérailles du cardinal Meisner. Ce dernier faisait partie des signataires des Dubia à propos d'Amoris laetitia, cela n'est donc pas sans lien. Lire ma traduction ici.

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Le message de Benoît XVI pour les funérailles du cardinal Meisner, signataire des Dubia

Le cardinal Meisner et Benoît XVI, en une époque révolue
Lors des funérailles du cardinal Joachim Meisner le samedi 15 juillet à Cologne, un message de la main du pape François a été lu au cours de la cérémonie par le nonce apostolique en Allemagne, Mgr Nikola Eterović. Mais à la surprise générale, un deuxième message, émanant celui-là du pape émérite Benoît XVI, a été lu par le préfet de la maison pontificale et secrétaire particulier de Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein. Cela a d'autant plus de poids que le cardinal Meisner  est l'un des quatre cardinaux qui ont présenté des Dubia au pape François à propos d'Amoris laetitia.

 Je vous propose ci-dessous ma traduction de ce message à la fois beau et émouvant, mais également riche  d'enseignement par les temps qui courent. Je vous laisse savourer ce texte – quel joie et quel plaisir intellectuel de traduire Benoît XVI ! – non sans vous signaler que le pape émérite évoque la foi profonde, la piété eucharistique, la vie de prière de ce cardinal qui a su comprendre « que le Seigneur n'abandonne pas son Eglise, même lorsque parfois le navire a tant pris l'eau qu'il est sur le point de chavirer ». Double leçon : notre pauvre Eglise semble au plus mal, mais Notre Seigneur Jésus-Christ ne l'abandonne point. Et un rappel : « L'Eglise se trouve dans la nécessité urgente de disposer de bergers convaincants qui puissent résister à la dictature de l'esprit du temps et qui vivent et pensent la foi avec détermination. » Il semble vraiment très, très difficile de ne pas faire le lien entre ces déclarations et la confusion doctrinale du pontificat actuel. — J.S.


« En cette heure où l'Eglise de Cologne et les fidèles venus d'au-delà de ses frontières sont rassemblés pour dire à Dieu au cardinal Joachim Meisner, je suis avec vous par le cœur et la pensée, et, accomplissant avec joie le souhait du cardinal Woelki, je désire vous adresser un mot de souvenir. 
« Lorsque j'ai appris la mort du cardinal Meisner mercredi dernier, je n'ai pas voulu y croire. La veille nous avions parlé au téléphone. Sa gratitude à propos du fait qu'il avait pu prendre quelques vacances après avoir participé à la béatification de Mgr Teofilius Matulionis à Vilnius le dimanche précédent (le 25 juin) était évidente au son de sa voix.  L'amour de l'Eglise des pays voisins à l'Est, qui avaient souffert sous la persécution communiste, ainsi que la gratitude que lui inspirait la résistance aux souffrances à cette époque-là, avaient marqué toute sa vie. De telle sorte qu'il n'y a pas pas de coïncidence dans le fait qu'il aura rendu la dernière visite de sa vie à un Confesseur de la foi dans ces pays-là. 
« Ce qui m'a particulièrement impressionné au cours de cette dernière conversation avec le cardinal à la retraite, c'est la joie déliée, la joie intérieure, la confiance qu'il avait trouvées. Nous savons que ce berger, ce pasteur passionné a trouvé difficile de quitter son poste, spécialement à un moment où l'Eglise se trouve dans la nécessité urgente de disposer de bergers convaincants qui puissent résister à la dictature de l'esprit du temps et qui vivent et pensent la foi avec détermination. Cependant, cela m'a d'autant plus ému qu'au cours de cette dernière période de sa vie, il a appris à lâcher prise et à vivre toujours plus dans la certitude profonde que le Seigneur n'abandonne pas son Eglise, même lorsque parfois le navire a tant pris l'eau qu'il est sur le point de chavirer. 
« Deux choses, dernièrement, lui ont donné toujours plus de joie et de confiance.
« 1.  D'abord, il m'a toujours redit la joie profonde qui le remplit à travers l'expérience du sacrement de pénitence lorsque des jeunes, surtout de jeunes hommes, vivent la grâce du pardon – ce don d'avoir véritablement trouvé la vie que seul Dieu peut leur donner. 
« 2. La deuxième chose qui l'a toujours touché et qui l'a toujours rempli de joie, ce sont les progrès discrets de l'adoration eucharistique. Lors des JMJ de Cologne cela avait constitué pour lui un point central – qu'il y eût une adoration, un silence où le Seigneur seul puisse parler au cœur. Certains experts en pastorale et en liturgie avaient pensé qu'un tel silence dans la contemplation du Seigneur ne peut s'obtenir avec une telle masse de gens. Certains étaient également d'avis que l'adoration eucharistique est en tant que telle dépassée, puisque le Seigneur veut être reçu dans le Pain eucharistique, et qu'Il ne veut pas être simplement regardé. Mais ce Pain ne peut être mangé comme un aliment quelconque ; « recevoir » le Seigneur dans le sacrement eucharistique requiert toutes les dimensions de notre existence – la réception doit être adoration : tout cela est désormais tout de même devenu très clair. Ainsi le temps d'adoration eucharistique lors des JMJ de Cologne est devenu un événement très intérieur qui n'est pas devenu inoubliable pour le seul cardinal. Ce moment lui est toujours resté présent intérieurement et a été pour lui une grande lumière. 
« Lorsque le cardinal Meisner, au dernier matin de sa vie, n'a pas paru à l'heure de célébrer la messe, on l'a trouvé mort dans sa chambre. Son bréviaire avait glissé de ses mains :  il est mort en priant, son regard tourné vers le Seigneur, en conversation avec le Seigneur. La nature de la mort qu'il lui a été donné de vivre redit encore une fois comment il a vécu : le regard tourné vers le Seigneur, et en conversation avec lui. Ainsi nous osons sans crainte confier son âme au bon Dieu. Seigneur, nous vous remercions pour le témoignage de votre serviteur Joachim. Permettez-lui d'être désormais un intercesseur pour l'Eglise de Cologne et pour l'ensemble de la terre ! Requiescat in pace ! »
 Benoît XVI
ADDENDUM : Le site benoit-et-moi propose également une traduction vers le français, visible ici,
et ajoute ce commentaire intéressant sur les omissions manifestement délibérées sur le site Il Sismographo :

« Un point qui mérite être souligné, car il confirme que les passages cités sont bel et bien dérangeants, c’est que « La voix de Sainte-Marthe », alias Il Sismografo, qui ne peut évidemment pas faire autrement que rendre compte du message de Benoît XVI, les censure purement et simplement. Le premier est carrément passé sous silence, et le second se limite à une allusion à la «joie intérieure [du cardinal Meisner] et sa confiance dans le Seigneur qui, disait-il, n’abandonnerait jamais son Eglise, même dans les heures les plus difficiles. » 
Benoit-et-moi commente également les allégations de faux auxquelles Marco Tosatti a répondu avec une joyeuse ironie (à lire ici).


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15 juillet, 2017

La réponse aux Dubia : le cardinal Schönborn a-t-il validé la communion pour les divorcés remariés



Le jeudi 13 juillet, le cardinal Christoph Schönborn a donné une conférence à Dublin dans le cadre des activités de préparation de la Rencontre mondiale des familles organisée par l'Eglise catholique en Irlande en 2018. A cette occasion, il s'est permis – à la place du pape ?, en tant que porte-parole du pape ? – de donner sa réponse aux cinq Dubia soumis par les quatre cardinaux (Brandmüller, Burke, Caffarra et feu le cardinal Meisner) au pape François. C'est en tout cas ce qu'affirme Greg Daly du quotidien The Irish Catholic qui a tweeté, pendant que la conférence se déroulait : « A propos des Dubia, le cardinal Schönborn dit que l'on peut répondre “oui” à toutes les questions. Il a même dit qu'il l'a affirmé à l'un des cardinaux des Dubia. » Etant donné que l'une de ces questions portait sur le fait de savoir si un divorcé remarié n'ayant pas obtenu de déclaration de nullité de son mariage pouvait accéder en certaines circonstances à la communion, cette réponse positive confirme l'interprétation littérale d'Amoris laetitia qui  l'affirme de manière sournoise mais nette dans une note de bas de page.


Ce tweet, qui correspond manifestement à des notes prises au vol au cours de la conférence par le journaliste, n'a pas été démenti à ma connaissance à l'heure d'écrire ces lignes, ni par son auteur, ni par le cardinal.

La réponse aux Dubia suscités par l'exhortation post-synodale est attendue du pape François lui-même. Il semble tout à fait décidé à ne pas la donner, mais il n'a pas fait mystère  du fait que le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, est son porte-parole privilégié en la matière ; il a déjà renvoyé des journalistes qui posaient des questions sur Amoris laetitia aux écrits de Schönborn.

Les cinq questions (in extenso ici) peuvent être résumées ainsi :

1. Les personnes vivant dans un état d’adultère habituel peuvent-elles recevoir la sainte communion ? 
2. Existe-t-il des normes morales absolues qu'il faut respecter « sans exception » ? 
3. Est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel ? 
4. L'enseignement suivant est-il encore valide, selon lequel, quel que soit le degré d'atténuation de culpabilité d'un individu du fait des circonstances, les dites circonstances ne peuvent transformer un acte intrinsèquement mauvais en un acte subjectivement bon
5.  L'enseignement de l'Église selon lequel en appeler à la conscience ne peut pas surmonter les normes morales absolues est-il toujours vrai ? ?

En bonne doctrine, elles attendent cinq réponses : dans l'ordre, non, oui, oui, oui et oui.

Comme le note Steve Skojec de OnePeterFive, les questions – sous cette forme condensée – sont tellement simples  qu'il ne faudrait pas plus de 30 secondes au pape François pour y apporter une réponse conforme à l'enseignement de l'Eglise (il pourrait même, ironise le journaliste, les donner depuis la cabine pressurisée d'un avion, environnement qui à l'évidence, « stimule la loquacité du pape »).

Mais s'il faut en croire Greg Daly, le cardinal Schönborn répond « oui » à cette première question, dont voici la retranscription complète, telle qu'elle a été posée dans les Dubia :

« 1.    Il est demandé si, en conséquence de ce qui est affirmé dans Amoris lætitia aux n. 300-305, il est maintenant devenu possible d’absoudre dans le sacrement de Pénitence et donc d’admettre à la Sainte Eucharistie une personne qui, étant liée par un lien matrimonial valide, vit more uxorio avec une autre personne, sans que soient remplies les conditions prévues par Familiaris consortio au n. 84 et réaffirmées ensuite par Reconciliatio et pænitentia au n. 34 et par Sacramentum caritatis au n. 29. L’expression “dans certains cas de la note 351 (n. 305) de l’exhortation Amoris lætitia peut-elle être appliquée aux divorcés remariés qui continuent à vivre more uxorio ? »

Le « oui » du cardial Schönborn rend incohérentes les réponses subséquentes. Si l'on répond « oui » aux deuxième, troisième, quatrième et cinquième questions, la première ne peut en toute logique recevoir une réponse positive. Si l'on ouvre la porte à la communion des divorcés « remariés » qui continueraient de vivre dans l'adultère, n'ayant pas obtenu de déclaration de nullité pour tout mariage antérieur, le détricotage de la doctrine est tel qu'il faut bien dès lors affirmer qu'il existe des actes intrinsèquement mauvais, des « normes morales absolues, obligatoires sans exception » comme celles concernant le mariage qui ne sont plus considérées comme telles. Répondre « non » à la première question revient encore à interdire de dire de manière systématique qu'« une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel ».

Même chose pour la validité de l'enseignement de Veritatis splendor qui affirme : « Les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte subjectivement honnête ou défendable comme choix », car dire possible l'accès de la communion à des divorcés remariés s'appuie précisément sur des conditions de circonstance ou d'intention. Le raisonnement est le même pour la cinquième question.

Avec Amoris laetitia, c'est bien le principe d'identité qui prend un coup que les adversaires de la vérité voudraient mortel puisque que les interprétations reviennent à dire que deux choses contradictoires peuvent être vraies en même temps et sous le même rapport, comme le démontre abondamment la réponse du cardinal Schönborn : les cinq « oui » sont impossibles en même temps (en vérité, les quatre questions qui suivent le premier des Dubia ne font que dérouler sous forme interrogative les conséquences logiques d'un premier « oui ») mais cela ne semble déranger personne parmi les partisans d'une « pastorale » déconnectée de la doctrine.

D'après l'article de Greg Daly, le cardinal Schönborn est allé au delà de ces remarques en soi contraires à l'enseignement traditionnel de l'Eglise. Il le cite comme ayant déclaré  que l'Eglise catholique fait tout ce qu'elle peut pour renforcer la famille, y compris des familles souvent considérées comme non traditionnelles. « Favoriser la famille ne signifie pas de défavoriser d'autres formes de vie – même les personnes vivant au sein d'un partenariat de même sexe ont besoin de leurs familles », a-t-il déclaré de manière assez ambiguë, car s'il ne fait pas de doute que chaque personne s'insère dans une famille par la filiation et en a besoin,  cela laisse sous-entendre que la « famille » homosexuelle remplirait ce rôle.

Le cardinal Schönborn a soutenu que le nombre des « dénommées situations irrégulières » (l'expression est de Greg Daly mais figure plusieurs fois dans Amoris laetitia)  a énormément augmenté en raison des « grands changements du cadre de la société » : alors que chacun peut se marier, « ils sont très nombreux à choisir de ne pas le faire ». Et d'ajouter : « Mais n'oublions pas que le mariage, tel que nous l'avons aujourd'hui, est un privilège qui était assez rare au cours des siècles passés, où un tiers au plus de la population pouvait se marier. » Le cardinal a rappelé la situation dans ce qu'on appelle aujourd'hui la République tchèque, au temps de l'empire autrichien, où les servants et servantes n'avaient pas le droit de se marier. Mais il faudrait ajouter, si la chose est vraie, qu'il ne s'agit pas là d'une loi de l'Eglise mais d'un abus de pouvoir qui méconnaît les droits fondamentaux de l'être humain.

La conclusion que Schönborn en tire est de ce fait sans objet : « Amoris laetitia vous dit que le mariage et la famille sont possibles aujourd'hui », comme s'ils ne l'étaient pas jadis et ce en raison de la rigueur de la loi de l'Eglise. Selon lui – rapporte Daly –, la réception de l'exhortation doit se faire au terme d'un long processus à travers des négociations et des discussions.

Le cardinal Schönborn en a profité pour décocher une flèche en direction des cardinaux des Dubia, qu'il a accusés de manière vive (voir ici sur le site du Catholic Herald), alors que le cardinal Meiser, mort au début du mois, n'étais pas encore enterré. « Que des cardinaux, qui devraient être les plus proches collaborateurs du pape, tentent de lui mettre la pression et de l'obliger à faire une réponse publique à leur lettre largement diffusée constitue un comportement absolument inconvenant », a-t-il dit selon Greg Daly. Schönborn a précisé lors d'une rencontre avec la presse : «  Je crains ceux qui ont des réponses rapides et claires en politique et en économie, mais aussi en religion. Les rigoristes et les laxistes ont des réponses claires et rapides, mais ils oublient de regarder la vie. Le rigoriste évite l'effort du discernement, de regarder la réalité de près. Le laxiste laisse filer tout ce qu'il peut, il n'y a pas de discernement. Ils sont les mêmes, mais à l'opposé. » Blanc et noir se rejoignent dans la pensée moderne !

Evoquant devant les journalistes le chapitre 8 d'Amoris laetitia, à propos des divorcés « remariés », le cardinal Schönborn a dénoncé la manière d'aborder le sujet : « Le plus souvent, le sujet est réduit à une seule question : “Peuvent-ils recevoir la communion ? Oui ou non !”  Le pape François a dit : “C'est un piège !” En se focalisant sur cette seule question l'objet principal d'Amoris laetitia est oublié : regardez de près et discernez. »

A propos de ce «  discernement pastoral »,  le cardinal a déclaré que, au vu de l'immense diversité des situations qui peuvent  exister pour des couples rencontrant des difficultés, « il est compréhensible qu'on ne puisse attendre ni du synode ni de cette Exhortation qu'ils apportent une nouvelle série de règles générales, canoniques par nature et applicables à tous les cas ».

Cette réponse, qui rejette l'existence de la norme absolue ou à tout le moins son applicabilité à chacun, est parfaitement cohérente avec les cinq « oui » attribués au cardinal.


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07 juillet, 2017

Le pape François envisagerait-il d’abolir Summorum Pontificum ?

Belgicatho a mis en ligne un article de Nicolas Senèze dans La Croix, où le journaliste, peu suspect de sympathie à l'égard de la mouvance traditionnelle, envisage l'idée de l'abolition de Summorum Pontificum, 10 ans jour pour jour après sa publication par Benoît XVI. Le texte complet est ici sur Belgicatho.

Ballon d'essai des « anti » ou réelle information glanée dans l'entourage du pape, il est trop tôt pour le dire.

Nicolas Senèze cite en tout cas nommément le théologien Andrea Grillo qui déclare, à propos de Summorum Pontificum, que le motu proprio avait mis « les évêques en difficulté » en raison de la « lecture très large » du texte par Ecclesia Dei (rappel : le problème venait plutôt de la lecture très étroite faite par de nombreux évêques allant contre la lettre du texte).

« En introduisant un choix subjectif du rite par le prêtre, le motu proprio a fragilisé l’unité liturgique de l’Église et créé parfois des Églises parallèles jusque dans les paroisses. C’est une rupture de la tradition », estime Grillo, cité par Senèze, qui le qualifie de « proche du pape ». Oui, il a osé parler d'une « rupture de la tradition » – quel cynisme.

Senèze rappelle alors les nombreuses piques lancées par le pape François contre ceux qui préfèrent la messe traditionnelle, et les tenants de la « réforme de la réforme ».
Selon Andrea Grillo, François envisagerait même, à terme, d’abolir Summorum Pontificum, à partir du moment où l’ancien rite serait préservé au sein de la prélature personnelle offerte à la FSSPX. « Mais il ne mettra pas cela en œuvre tant que Benoît XVI est en vie », prévient-il aussitôt.Puis vient le nœud de son papier :

« Selon Andrea Grillo, François envisagerait même, à terme, d’abolir Summorum Pontificum, à partir du moment où l’ancien rite serait préservé au sein de la prélature personnelle offerte à la FSSPX. “Mais il ne mettra pas cela en œuvre tant que Benoît XVI est en vie”, prévient-il aussitôt. »

Ainsi donc, la menace est celle-ci : dès l'accord avec la Fraternité Saint Pie X, il serait théoriquement envisageable de remettre en place un interdit de fait ou de droit sur la célébration de la messe traditionnelle, tous ceux souhaitant la célébrer ou y assister devant se mettre sous l'autorité de la FSSPX.

Quid des instituts, monastères, paroisses personnelles, toutes ces entités tout à fait distinctes de la FSSPX; existant avant elle ou créées depuis sa fondation et qui, pour nombre d'entre elles, s'en sont même détachées par souci d'obéissance lors des sacres en 1988 ?  Quid des institutions dont la célébration de la messe dans la forme extraordinaire fait partie de leurs élément constitutifs ?

Bien sûr, rien n'est fait. Et tout est au conditionnel. Mais venant de la plume de Nicolas Senèze,  la mise au jour de cette hypothèse constitue pour le moins la preuve qu'il existe des pressions en ce sens. Presqu'une feuille de route. D'autant qu'elle donne des modalités pratiques pour la mise au rebut du motu proprio, pour laquelle il suffit d'attendre – pour ne pas dire espérer – la mort de Benoît XVI.


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01 juillet, 2017

Le cardinal Müller débarqué : qui a eu sa peau ?

Alors que l'annonce du débarquement du cardinal Gerhard Müller de la Congrégation pour la Doctrine de la foi serait imminente, le site de la revue des jésuites des Etats-Unis, America Magazine, avance que ses déclarations favorables à une interprétation d'Amoris laetitia selon la doctrine traditionnelle de l'Eglise sont la cause du non-renouvellement de sa charge de préfet.

« La controverse à propos du rôle du cardinal Müller à la tête de la Congrégation pour la Doctrine de la foi s'est focalisée sur l'interprétation d'Amoris laetitia. “America” a appris que nombre de cardinaux ont demandé à François d'écarter le cardinal Müller de ce poste parce qu'il avait, à plusieurs reprises, publiquement manifesté son désaccord par rapport aux positions du pape, ou s'en était distancé, et qu'ils pensaient que cela portait atteinte à l'office et au magistère pontificaux. »
Quels sont donc ces cardinaux qui selon toute vraisemblance, ont obtenu la tête du cardinal ?

America note par exemple que le cardinal Müller, dans un entretien avec Raymond Arroyo diffusé le 12 mai dernier sur la chaîne catholique américaine EWTN, avait répété son « argument » selon lequel Amoris laetitia n'ouvre pas la porte à la réception de la communion par les catholiques divorcés et « remariés », peu après que les conférences épiscopales d'Allemagne, d'Argentine et de Malte eurent publié des directives autorisant cette réception dans certaines situations.

« Il n'est pas bon que les conférences épiscopales fassent des interprétations officielles du pape. Ce n'est pas catholique. Nous avons ce document du pape, et il doit être lu dans le contexte de la tradition catholique dans son ensemble », avait dit le cardinal Müller.

Pour les jésuites américains, c'est bien cette attitude qui est à l'origine du limogeage attendu du cardinal Müller, dont la nomination comme cardinal patron de l'Ordre au Saint-Sépulchre est pressentie par certaines sources. En attendant d'être mis au placard, comme le cardinal Burke qui n'a plus rien à dire à l'Ordre de Malte, en voie de modernisation accélérée ?

Notons que l'un des éditorialistes les plus en vue d'America Magazine, le P. James Martin S.J., a été récemment nommé consulteur de la Salle de presse du Vatican. Il est l'auteur d'un livre sur le rapprochement de la communauté LGBT avec l'Eglise sous le titre Building a Bridge (« Construire un pont » – ne précisons pas ce que cela signifie en argot gay).

Le cardinal Müller a soutenu le droit des quatre cardinaux – Brandmüller, Burke, Caffarra, Meisner – d'exposer leurs Dubia au pape mais en affirmant qu'il n'était pas favorable au fait d'avoir rendu la démarche publique, position qu'il a adoptée selon certains pour ne pas compromettre sa position à un poste-clef pour la défense de la foi, du dogme et de la doctrine ; il s'est toujours appliqué à déclarer qu'Amoris laetitia pouvait et devait être interprété de manière traditionnelle.

Cette attitude, quelle qu'en soit la raison, n'a donc pas suffi à empêcher le limogeage d'un cardinal encore relativement jeune – à 69 ans, il est à 6 ans de l'âge à partir duquel les évêques peuvent partir ou être mis à la retraite – et la question est désormais de savoir : 1. si cela a valu la peine ; 2. par qui il sera remplacé.

Les plus pessimistes envisagent la nomination de l'archevêque Victor Fernandez, un Argentin proche du pape, auteur d'un livre à la gloire du baiser (Gueris-moi avec ta bouche), probable collaborateur pour la rédaction d'Amoris laetitia et auteur du premier jet des directives argentines sur son interprétation.

Le site OnePeterFive note que selon le quotidien argentin Clarin, premier à annoncer le débarquement du cardinal Müller, ce départ « ouvrirait la voie du renouveau de la dernière phase du pontificat de Bergoglio, qui aura 81 ans en décembre prochain. Le passionnant article de Steve Skojec  sur 1P5 (en anglais) est à lire ici.


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Charlie Gard : la réaction magnifique et profonde du cardinal Caffarra

Après un papier paru mercredi sur reinformation.tv à propos du petit Charlie Gard, victime d'une maladie orpheline, qui doit être « débranché » avec la bénédiction de la Cour européenne des droits de l'homme en pleine méconnaissance des droits de ses parents, voici ce qu'en a dit le cardinal Carlo Caffarra dans une très forte déclaration à Il Giornale (ma traduction) :

« Nous sommes arrivés au terminus de la culture de mort. Ce sont les institutions publiques, les tribunaux qui décident si un bébé a ou non le droit de vivre. Y compris en allant contre la volonté des parents. Nous avons touché le fond de la barbarie. Sommes-nous les enfants des institutions, et leur devons-nous la vie ? Pauvre Occident : il a rejeté Dieu et sa paternité est aujourd'hui baillée à la bureacratie ! L'ange de Charlie voit toujours la Face du Père. Arrêtez, au nom de Dieu. Sans quoi je vous dirai, avec Jésus : “Il vaudrait mieux que l'on vous attache une meule autour du cou et qu'on vous jette au plus profond de la mer.” »

Cette déclaration contraste fortement avec celle de Mgr Vincenzo Paglia, que j'ai commentée dans un article à paraître prochainement sur reinformation.tv.

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30 juin, 2017

Décès de Simone Veil : quelques réflexions, et le communiqué de Marine Le Pen

Son nom restera pour toujours lié à la loi dépénalisant l'avortement sous l'euphémisme ravageur, « Interruption volontaire de grossesse ». Simone Veil n'était certes pas seule dans cette entreprise de mort dont les loges – Pierre Simon en tête – ont revendiqué la paternité, et il peut sembler de mauvais goût de n'évoquer que cela dans cette petite « nécro » très parcellaire.

Mais enfin, c'est un aspect de sa vie que la presse dans son ensemble juge déterminant pour lui « tresser des couronnes » aujourd'hui (l'expression franc-maçonne convient bien, je pense…) et elle-même n'a jamais exprimé de regrets. Au contraire, elle a avec quelque mépris souligné dans son autobiographie que les évêques de France étaient probablement plus soucieux de leur sécurité sociale à l'époque, en 1974, que d'une mobilisation générale contre une loi qui, parmi les premières en Occident, a donné une justification légale à l'assassinat des enfants dans le ventre de leur mère, moyennant force conditions qui ont été mollement appliquées, voire pas du tout.

A raison de quelque 200.000 victimes par an, mal an mal an, on arrive à près de 8,5 millions de petites vies supprimées avec la bénédiction du législateur, et donc de la législatrice, sans compter les effets épouvantables sur les femmes qui ont cru qu'avorter, cela ne se faisait sans doute pas « de gaieté de cœur » mais que c'était une sorte de droit.

Peut-être Simone Veil a-t-elle, au fil des ans, regretté que cela devienne de plus en plus un droit légalement affirmé par l'élargissement constant des possibilités d'accès à l'IVG, à tel point que l'opposition à l'avortement pour des raisons morales est de plus en plus assimilée à une pression indue sur les femmes, et pénalisée. L'avortement devait être réservé aux cas graves et rester « exceptionnel », assurait-elle en 1974. D'emblée, il n'en a pas été ainsi. Et jamais, elle n'a refusé d'être considérée comme « l'icône » de ce combat.

Cela est terrible. Il serait aussi terrible de l'occulter, alors que Simone Veil vient de quitter ce monde, au nom des convenances et du respect. La seule attitude réellement, profondément charitable aujourd'hui est d'en prendre acte, et de supplier la Très Sainte Trinité de lui accorder sa miséricorde et son pardon, acquise d'avance pour le pire des crimes mais pour laquelle il faut au coupable reconnaître et regretter sa responsabilité. Une femme douée d'une âme immortelle et appelée à voir Dieu face à face vient de mourir : il s'agit donc de prier pour qu'elle ait eu la grâce de la contrition et de la conversion, car rien n'est impossible à Dieu.


––––––


Je viens de prendre connaissance du communiqué de presse de Marine Le Pen, Présidente du Front national :

« Nous apprenons ce matin le décès de Madame Simone Veil, une femme qui aura incontestablement marqué de son empreinte la vie politique française.
Je présente à sa famille et à ses proches mes condoléances les plus sincères. J'ai aussi une pensée pour sa famille politique, avec qui Simone Veil a défendu ses convictions avec constance. Je salue enfin le combat pour la Mémoire qui fut celui de toute sa vie. »
Ou l'art d'occulter, de passer sous silence ce pour quoi Mme Veil est déjà entrée dans les livres d'histoire, et ce pour quoi on la glorifie. Pourquoi ce vide ? Pourquoi retenir l'histoire de la Shoah, et non celle du massacre des innocents ?

 ––––––

Il est aujourd'hui de bon ton, pour pouvoir avancer en politique sans totalement renier ses convictions, de réclamer au nom du respect de la vie, le « retour à la loi Veil » et à l'application de ses conditions restrictives. Mais affirmer le droit de tuer cet enfant plutôt que celui-là, à cette condition plutôt que celle-là, c'est toujours donner un permis légal de tuer un membre de l'espèce humaine. Et de fait, le nombre d'avortements, malgré quelques variations et malgré les « progrès » de la contraception, est resté globalement stable.

20 juin, 2017

“Amoris laetitia” : les quatre cardinaux des “Dubia” publient une nouvelle lettre au pape François, faute d'avoir obtenu une audience


Le cardinal Carlo Caffara
lors du Rome Life Forum en mai dernier
Les quatre cardinaux des « Dubia », les cardinaux Brandmüller, Burke, Caffarra et Meisner, viennent
de rendre publique la lettre qu’ils ont adressée au pape François le 25 avril dernier pour lui demander –  en vain –  une audience privée en vue de parler de la « confusion et de la désorientation » au sein de l’Eglise après la publication, il y a un an, de l’exhortation Amoris laetitia. Dans cette lettre, ils rappellent les cinq questions posées publiquement l’an dernier, demandant si l'exhortation est conforme à l’enseignement pérenne de l’Eglise.

La lettre porte la signature du cardinal Carlo Caffarra, s'exprimant en son propre nom et au nom des trois autres signataires des « Dubia ».

On lira ici, sur le site de “L'Homme nouveau”, l'excellent commentaire de Thibaud Collin.

Les cinq questions posées pouvaient recevoir une réponse simple par oui ou par non ; à ce jour,  le pape n’a pas voulu donner une telle réponse alors que les questions correspondent aux ambiguïtés relevées dans son exhortation et que plusieurs conférences épiscopales  ont publié des documents d'application de celle-ci  qui vont dans un sens évidemment hétérodoxe.

Voici, pour rappel, le résumé des cinq questions que l’on trouvera in extenso ici :

1. Les personnes vivant dans un état d’adultère habituel peuvent-elles recevoir la sainte communion ? 
2. Existe-t-il des normes morales absolues qu'il faut respecter « sans exception » ? 
3. Est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel ? 
4. Un acte intrinsèquement mauvais peut-il devenir  un acte « subjectivement bon » en raison des « circonstances » ou des « intentions » ? 
5.  Peut-on agir de manière contraire aux « normes morales absolues » connues «  qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais » en se fondant sur la « conscience » ?
En l’absence de réponse du Saint-Père, les quatre cardinaux ont « respectueusement et humblement » demandé une audience par lettre du 25 avril ; c’est l'absence de réponse qui justifie la publication de celle-ci.

On trouvera sur le blog de Sandro Magister le texte italien de la lettre.

En voici le texte complet (ma traduction) :

Très Saint-Père,

C’est avec une certaine appréhension que je m'adresse à votre sainteté, pendant cette période du temps pascal. Je le fais au nom des très éminents cardinaux, Walter Bandmüller, Raymond L. Burke, Joachim Meisner, et en mon propre nom.

Nous voulons d’emblée renouveler notre dévouement absolu et notre amour inconditionnel pour la chaire de Pierre et pour votre auguste personne, en laquelle nous reconnaissons le successeur de Pierre et le vicaire de Jésus : le « Doux Christ en terre », ainsi que sainte Catherine de Sienne aimait à le dire. Nous ne partageons en rien la position de ceux qui considèrent que le siège de Pierre est vacant, ni celle de personnes qui veulent attribuer à d’autres la responsabilité indivisible du munus pétrinien. Nous sommes mus seulement par la conscience de la grave responsabilité qu'entraîne le munus des cardinaux : être des conseillers du successeur de Pierre en son ministère souverain. Et du sacrement de l’épiscopat, qui nous a « établis évêques, pour gouverner l'église de Dieu, qu'Il a acquise par son sang ».

Le 19 septembre 2016, nous avons remis à Votre Sainteté et à la Congrégation pour la Doctrine de la foi cinq dubia, vous demandant de résoudre des incertitudes et d’apporter la clarté sur certains points de l’exhortation apostolique post-synodale, Amoris laetitia.

N’ayant reçu aucune réponse de Votre Sainteté, nous avons pris la décision de vous demander, respectueusement et humblement, de nous accorder une audience, ensemble si Votre Sainteté le désirait. Nous joignons, comme c’est l’usage, une feuille d’audience dans laquelle nous présentons les deux points dont nous voudrions nous entretenir avec vous.

Très Saint-Père,

Un an a donc passé depuis la publication d’Amoris laetitia. Pendant ce laps de temps, des interprétations de certains passages objectivement ambigus de l’exhortation postent synodales ont été publiquement données, qui ne sont pas divergentes par rapport au magistère permanent de l’Eglise, mais qui lui sont contraires. Malgré le fait que le Préfet de la Doctrine de la foi a déclaré de manière répétée que la doctrine de l’Eglise n’a pas changé, de nombreuses déclarations ont paru, de la part d’évêques individuels, de cardinaux et même de conférences épiscopales, approuvant ce que le magistère de l’Eglise n’a jamais approuvé. Il ne s'agit pas seulement de l'accès à la Sainte Eucharistie pour ceux qui vivent objectivement et publiquement dans un état de péché grave, et qui ont l’intention d’y demeurer, mais aussi une conception de la conscience morale qui est contraire à la tradition de l’Eglise. Et donc il advient –  combien douloureux est-il de le constater ! –  que ce qui est péché en Pologne est bon en Allemagne, que ce qui est interdit dans l’archidiocèse de Philadelphie est autorisé à Malte. Et ainsi de suite. Cela remet en mémoire l’amère observation de B. Pascal : « Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »

De nombreux fidèles laïcs compétents, profondément amoureux de l’Eglise et indéfectiblement loyaux à l’égard du siège apostolique, se sont tournés vers leurs pasteurs et vers Votre Sainteté afin d’être confirmés dans la sainte doctrine en ce qui concerne les trois sacrements du mariage, de la confession, et de l’eucharistie. Et en ces jours-même, à Rome, six fidèles laïcs, de chaque continent, ont présenté un séminaire d’études très fréquenté sous le titre significatif : « Apporter la clarté. »
Face à cette grave situation, qui fait que de nombreuses communautés chrétiennes sont en train d’être divisés, nous ressentons le poids de notre responsabilité, et notre conscience nous oblige à demander humblement et respectueusement une audience.

Que Votre Sainteté se souvienne de nous dans vos prières, de même que nous nous engageons à nous souvenir de vous dans les nôtres, et nous demandons le don de votre bénédiction apostolique.

Carlo Card. Caffarra
Rome, 25 avril 2017
Fête de Saint Marc l’évangéliste

Feuille d’audience

1. Requête en vue de la clarification des cinq points mis en évidence par les dubia ; raisons de cette requête.

2.  Situation de confusion et de désorientation, spécialement parmi les pasteurs des âmes,  à commencer par les curés de paroisse.


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26 mai, 2017

Le pèlerinage du pape à Fatima : j'en ai parlé sur TVLibertés

La canonisation de Francisco et Jacinta de Fatima est une bonne nouvelle, une nouvelle indispensable même pour l'Eglise universelle. Mais l'événement appelle quelques bémols, que j'ai exprimés sur reinformation.tv et de visu sur TVLibertés :



Grand merci à Jean-Pierre Maugendre pour son invitation !

Et puisque nous y sommes, n'oubliez pas de faire un tour sur le site Enfants de Fatima, pour mieux fêter ce centenaire des apparitions.


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20 mai, 2017

Au “Rome Life Forum”, les cardinaux Burke et Caffarra parlent des liens de Fatima avec la crise de la famille, du respect de la vie, du mariage

De toutes les rencontres de leaders du monde pro-vie organisées dans le cadre du Rome Life Forum depuis 2014, celle qui s’est déroulée jeudi et vendredi au pied du Vatican aura été la plus riche, la plus formatrice. Face à l'idéologie du genre et à la diffusion de la culture de mort, les organisateurs, réunis dans le collectif Voice of the Family, ont voulu mettre en évidence les soubassements philosophiques, historiques, spirituels de ces constructions anti-humaines. Je reviendrai plus longuement sur tout cela, mais pour l'heure, il faut parler avant tout des conférences données pour clôturer le colloque par le cardinal Raymond Burke et le cardinal Carlo Caffarra, qui ont en commun d'avoir signé les fameux « Dubia » demandant au pape François de lever les « doutes » que fait naître l'exhortation Amoris laetitia à propos de l'enseignement de l'Eglise sur la foi et les sacrements. Chacun a évoqué Fatima à sa façon. Le cardinal Caffarra a authentifié de vive voix, et en rattachant à cette confirmation de l'ensemble de sa conférence, les paroles de sœur Lucie sur la bataille finale de Satan contre l'Eglise, portant sur la famille et le mariage.

Ce témoignage, il l’avait donné il y a plusieurs années lors d’un entretien avec une revue de propagation de la spiritualité du saint Padre Pio, mais c'est à ma connaissance la première fois qu’il en a tiré une méditation et qu’il a exprimé en direct le message de l’aînée des voyantes de Fatima.
 Le cardinal Burke, quant à lui, a demandé que le pape, en union avec tous les évêques du monde, consacre la Russie au Cœur immaculé de Marie, en la nommant expressément.

Il faut d'abord noter que les deux cardinaux ont honoré de leur présence une réunion – et pour le cardinal Burke, ce n’était pas la première fois – dont la première édition en 2014 est née  du constat de la terrible confusion et de la manipulation qui ont entouré les deux synodes sur la famille. Voice of the Family, le collectif qui chapeaute l’ensemble, rassemble des organisations  et des médias comme LifeSiteNews, SPUC –  la première organisation antiavortement au monde,  née au Royaume-Uni au cours des années 1960 – Human Life International  et bien d’autres. Aucun d’eux ne fait mystère de son souci face au texte d’Amoris laetitia,  des interprétations qui en sont données en certains endroits et des prises de position objectivement hérétiques qui se multiplient dans son sillage.

Etait également présent Mgr Athanasius Schneider, évêque  auxiliaire d’Astana au Kazakhstan,  qui a témoigné devant les assistants de son émotion d’avoir pu assister le 13 mai dernier, en la cathédrale Notre-Dame de Fatima d’Astana, à la consécration explicite de la Russie au Cœur immaculé de Marie par tous les évêques catholiques de la région, y compris de Russie elle-même.

Le cardinal Burke,  après avoir exposé l’ensemble du message de Fatima et médité sur les demandes de la Vierge, a appelé les fidèles catholiques à travailler à la « consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie ».

N’aurait-elle donc pas été faite, cette consécration ?  On sait qu’elle a été réitérée à plusieurs reprises au fil des ans,  de manière toujours incomplète puisque jamais la Russie n’a été nommée comme Notre-Dame l'avait demandé le 17 juillet 1917 en termes clairs :
« Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. Si l'on écoute mes demandes, la Russie se convertira et l'on aura la paix ; sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Eglise. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. A la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera donné au monde un certain temps de paix. Au Portugal, se conservera toujours le dogme de la foi, etc. Cela, ne le dites à personne, sauf à François. »
Le cardinal Burke n’a pas hésité à prendre à cet égard une position qui peut paraître controversée, eu égard à la consécration du monde au Coeur immaculé de Marie par le pape Jean-Paul II le 25 mars 1984, dont on sait qu’elle avait évité de nommer la Russie,  même si le saint pontife s’était senti intérieurement poussé à le faire,  en raison de pressions de son entourage craignant des difficultés diplomatiques avec les orthodoxes.

Le cardinal Burke a déclaré : « La consécration demandée est à la fois une reconnaissance de l’importance que revêt la Russie dans le plan de Dieu pour la est un signe de profond amour pour nos frères et sœurs en Russie. Certainement, le pape saint Jean-Paul II a consacré le monde, y compris la Russie, au Cœur immaculé de Marie le 25 mars 1984. mais aujourd’hui, de nouveau, nous entendons l’appel de Notre Dame de Fatima a consacré la Russie à son quart immaculé, en accord avec son instruction explicite. »

Le mot « explicite » renvoie évidemment à la mention de la Russie faite par Notre Dame elle-même. Et on peut dire que la demande du cardinal vient confirmer, s'il le fallait, dans notre monde littéralement déconstruit par les idéologies révolutionnaires que l’on retrouve toutes – comme l’ont montré les conférences précédentes du colloque –  à la révolution bolchevique de 1917, que la Russie ne s’est pas « convertie ».

 Jean-Paul II, comme l’a rappelé le cardinal Burke,  avait fait une première consécration en 1982 au cours de laquelle il avait proclamé : «  L’appel de Marie ne vaut pas pour une seule fois. Son appel doit être entendu génération après génération en accord avec les “signes des temps” toujours nouveaux. Il faut y retourner sans cesse. Il faut toujours y répondre de nouveau. »

 le cardinal n’a pas voulu s’engager dans la controverse autour du troisième secret de Fatima, dont certains jugent qu’il n’a pas été totalement dévoilé en l’an 2000.  on notera qu'il a évoqué la « thèse monumentale » de frère Michel de la Sainte Trinité pour qui  le triomphe du Coeur immaculé de Marie avait pour premier objet « la victoire de la foi, qui mettra fin à un temps d’apostasie et de grande défaillance des pasteurs de l’Eglise », a-t-il déclaré. Il a ajouté que ce troisième secret se dirige avec une force particulière vers ceux qui ont la charge d’enseigner la foi.

« L’enseignement de la foi  dans son intégralité, et ce avec courage, est au cœur de la charge des pasteurs de l’Eglise :  le pontife romain, les évêques en communion avec le siège de Pierre, et leurs collaborateurs principaux, les prêtres. Pour cette raison, le  troisième secret vise, avec une force particulière, ce qui exerce la charge pastorale au sein de l’Eglise. Leur défaillance dans l’enseignement de la foi, dans la fidélité à l’enseignement et à la pratique constants de l’Eglise,  que ce soit à travers une approche superficielle, confuse ou même mondaine,  ainsi que leur silence, mettent en mortel danger, au sens spirituel le plus profond, précisément les âmes que leur consécration confie à leur soins spirituels. les fruits empoisonnés de l’échec des pasteurs de l’église se constatent dans la sorte de culte, d'enseignement et de discipline morale qui n’est pas en accord avec la loi divine »,  a déclaré le cardinal Burke.

Ce sont des mots exceptionnellement durs, qui pointent avec beaucoup de « réalisme » –  un mot employé par le cardinal lui-même – la  profondeur et la gravité de la crise actuelle.

Le cardinal n’a pas manqué de souligner que les fidèles eux-mêmes devaient participer à leur manière à la résolution de cette crise, selon les moyens donnés à Fatima, d’abord par l’Ange du Portugal, puis par la Sainte Vierge Marie : « Prière,  pénitence, réparation » – le tout dans un esprit eucharistique en raison de « la nature essentiellement eucharistique de la prière  et du sacrifice » – rendues urgentes dans le cœur des fidèles  comme dans celui des pastoureaux par la vision de l’enfer mais avec l’espérance  du secret rappelant «  la grâce jamais défaillante de Dieu ».

Il a également rappelé qu'il y avait deux formes de châtiment pour les péchés des hommes : les malheurs matériels, la guerre, la destruction, mais aussi « les châtiments spirituels causés par la rébellion de l’homme.

La situation est telle, a déclaré le cardinal Burke,  que nous « sommes comme les premiers disciples après la Pentecôte » qui demande quoi faire dans un monde qui ne croit pas :  aujourd’hui, c’est une « culture oublieuse de Dieu et de sa loi ».

 Il n’y a pas de « formule magique » :  Fatima nous a montré qu’il y a des réponses ordinaires, constantes et quotidiennes par lesquelles les fidèles «  doivent étendre le culte divin à chaque aspect de la vie de tous les jours », à travers « la nature extraordinaire de la vie ordinaire, l’incomparable beauté de la vie chrétienne » qui se donne « la liberté et le bonheur ».

La nouveauté est sans doute dans cet autre constat du cardinal : « Aujourd’hui, l’église est en proie à la confusion et à l’erreur  y compris à propos de certains de ses enseignements les plus fondamentaux. » Des erreurs et des confusions « non corrigées » pour le moment, a-t-il précisé,  alors que nous  voyons au sein de l’Eglise «  l’étreinte sentimentale de la culture sécularisée ».

«  Ce n’est pas sans raison que les fidèles ressentent de la confusion, qu’ils se sentent désorientés, jusqu’à éprouver un sentiment d’abandon. (…) A Fatima, nous trouvons les moyens donnés par Notre Dame de répondre à cela :

– Dire le chapelet chaque jour ;
– Porter le scapulaire brun ;
– Faire des sacrifices en de sauver les pécheurs ;
– Réparer les offenses à son Cœur immaculé au moyen de la dévotion des premiers samedis ;
– Convertir toujours davantage nos vies au Christ. »

Et pour finir cette demande qui s’adresse au pontife romain de consacrer la Russie à son Coeur immaculé en union avec tous les évêques du monde.

Mais là encore, les fidèles peuvent jouer un rôle  en signant ici l’appel lancé par le cardinal Burke.


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19 mai, 2017

Le cardinal Burke demande la consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie

Le cardinal Burke a demandé la consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie pour répondre à la demande explicite de Notre Dame de Fatima, en concluant le Rome Life Forum.

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Le cardinal Caffarra confirme les paroles de sœur Lucie sur la "dernière bataille"

Au Rome Life Forum, le cardinal Carlo Caffarra a personnellement confirmé les paroles adressées à lui par Sr Lucie de Fatima, affirmant que la dernière bataille de Satan contre Dieu portera sur la famille et le mariage. J'y reviendrai très prochainement : les conférences continuent. C'est la première fois que ces paroles de la voyante de Fatima sont confirmées en public par le cardinal, qui nous a parlé du devoir de témoignage qui nous incombe dans cette "dernière bataille".

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19 avril, 2017

Vidéo : l'enquête d'Armel Joubert des Ouches sur les livres pornographiques imposés dans le secondaire

A voir d'urgence, et à partager ! Ce reportage donne la parole à des jeunes brisés, fracassés par des lectures malsaines imposées même dans des écoles catholiques sous contrat. Leur souffrance accuse les responsables de ces écoles… Mais le scandale continue.

Je m'honore d'avoir participé, modestement, à la réalisation de cette enquête. Je sais que pour les jeunes filles qui ont parlé, courageusement, de ce qu'on les a obligé à lire et à faire, leur témoignage a eu des effets bénéfiques : enfin elles étaient reconnues comme victimes d'une injustice, d'une agression insupportable. La vérité rend libre !


La vidéo est également disponible sur le site Reinformation.tv (C'est par ici ) avec lequel ce blog est désormais en partenariat. « RITV » diffuse quotidiennement des informations écrites originales, et aussi, régulièrement, des reportages video de très belle qualité.


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05 avril, 2017

Fatima : on pourra célébrer une messe votive traditionnelle du Cœur Immaculé de Marie le 13 mai

Eu égard à la dévotion de nombreux fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite romain pour la Bienheureuse Vierge Marie de Fatima, la commission Ecclesia Dei a décidé de marquer le centenaire des apparitions par l'autorisation accordée de célébrer, le 13 mai 2017, une messe votive du Cœur Immaculé de Marie, avec le propre du 22 août.

L'autorisation est donnée à tous les prêtres de rite latin, qu'ils soient séculiers ou réguliers.

La lettre signée par le cardinal Müller et par Mg Guido Pozzo, président et secrétaire de la Commission, précise que cette autorisation est donnée pour « ranimer la dévotion des fidèles chrétiens envers la Bienheureuse Vierge Marie de Fatima ».

Voici le fac-similé de la lettre :



Via Laurence England.

Addendum : Le forum catholique avait donné l'info en début d'après-midi, je ne l'avais pas vue, c'est par là, avec une discussion !

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03 avril, 2017

Persécution : Stéphane Mercier licencié de la catho UCL pour son argumentaire contre l'avortement

Stéphane Mercier, chargé de cours à l'Université catholique de Louvain-la-Neuve, a bien été licencié de l'UCL parce qu'il a fait lire son argumentaire philosophique contre l'avortement à plusieurs centaines d'étudiants de première année.

La sanction est tombée vendredi soir, UCL observant la plus grande discrétion à propos de cette mesure totalitaire.

Le licenciement est immédiat, effectif depuis le 1er avril et a été prononcé sans la moindre motivation. Et non, il ne s'agit pas d'une blague de 1er avril, je tiens l'information de l'intéressé lui-même.

Stéphane Mercier m'a accordé un long entretien qu'on peut lire ici sur reinformation.tv.

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28 mars, 2017

Alt-right et Richard Spencer : la « nouvelle droite » des Etats-Unis est tout sauf chrétienne et provie

Alt-right : la « nouvelle droite » des Etats-Unis est tout sauf chrétienne et provie
Richard Spencer, théoricien de l’alt-right (« droite alternative) aux Etats-Unis vient de faire des déclarations sur l’avortement prouvant que la nouvelle droite américaine est tout sauf chrétienne et provie. C'est ce qu'on peut lire dans un vigoureux éditorial publié par LifeSiteNews sous la plume de Jonathon van Maren. Un bref coup d'œil sur son site, altright.com – avec notamment cette mise en garde contre la « tentation provie » – permet de voir quelle est l'orientation de cette tendance politique fascinée par la race blanche, la force, et une bonne dose de folklore identitaire nietzschéen.

 Une certaine droite française se passionne pour le mouvement américain de l’« alt-right » qui se raccroche, en se donnant des airs de locomotive, à la victoire de Donald Trump dont il se présenterait volontiers comme le théoricien. On a pu lire ainsi dans Présent, le 17 février dernier, un entretien avec le diplomate croate Tomislav Sunic, un homme qui connaît bien le leader, Richard Spencer. Sunic présente l’éditeur et le meneur politique comme un véritable opposant du « Système ». Spencer, qui a selon lui « subi l’influence considérable » d’Alain de Benoist, notamment, est, comprend-on, diabolisé par les grands médias. Richard Spencer, décrit comme « suprémaciste blanc » par ces médias, apparaît dans l’entretien comme l’ombre derrière le média Breitbart et son fondateur Steve Bannon, et Trump.

L’alt-right proclame sa haine du combat provie


Interrogé sur ce fait, Sunic répond, l’air de rien : « Officiellement non. Le site Breitbart dirigé par Stephen Bannon, qui fut d’autre part le chef de la campagne présidentielle de Trump, doit garder une dose d’autocensure, et évidemment prendre officiellement ses distances vis-à-vis de l’Alt-Right. Il n’empêche que Bannon et l’actuel président Trump ont été accusés par les grands médias de sympathies fascisantes, d’être complices de l’Alt-Right  de Spencer, et même d’avoir normalisé dans leurs discours l’ascendance médiatique des “supremacistes blancs” et autres bêtes immondes blanches. »

Entre les « officiellement non » et les « accusés de » on s’y perd un peu, mais le cœur y est : les alt-right et leur leader Richard Spencer – éditeur en anglais du « Raspoutine de Poutine », le gnostique Alexandre Douguine, théoricien de l’eurasisme – sont présentés comme les têtes pensantes derrière le pouvoir américain actuel. Il est évidemment permis de rester sceptique. Ce qui est sûr, c’est qu’on est face à une mouvance qui rejette ouvertement, tout comme la Nouvelle droite, l’héritage catholique pour aller puiser plus loin dans l’obscurité assumée d’une force occulte venue des âges.
Dans son éditorial de LifeSite, van Maren accuse Spencer de vouloir s'accaparer le mouvement conservateur en chantant les louanges de Trump, tout en promouvant les « bizarres théories raciales qui ont donné naissance au Troisième Reich ». Danger !

La nouvelle droite version Etats-Unis ne conçoit la vie que par rapport à la communauté
Dans une récente vidéo, Spencer est venu au secours de Tomi Lahren, l'étoile montante des médias trumpistes qui a choisi The Blaze pour expliquer pourquoi elle est « pro-choix » : « Je suis pour le gouvernement restreint, alors je ne peux pas me tenir ici de manière hypocrite en disant que je suis pour le gouvernement restreint, mais que le gouvernement doit décider ce que les femmes doivent faire de leur corps. Ne touchez pas à mes armes, et vous pouvez également éviter de toucher à mon corps. » La défense de l'avortement par Lahren est particulièrement stupide : comme si l'interdiction de tuer relevait de l'étatisme.

La blonde Tomi a bien plu à Spencer qui voit en elle le possible « espoir » de l’alt-right. Et d'expliquer que certains membres de son mouvement veulent croire que la « croisade contre l'avortement est essentiellement traditionaliste, visant à faire prendre aux femmes la responsabilité de leurs enfants, histoire d'obliger les femmes à devenir mères qu'elles le veuillent ou non. » « Il me semble que lorsque nous pensons à l’avortement nous pensons souvent à ces femmes carriéristes qui sans lui feraient partie d’une famille mais qui préfèrent se faire avorter par égoïsme et cupidité. Il n'en est rien. Ces femmes de carrière, très intelligentes, se feront avorter à l'occasion, mais pour être honnête, elles ont recours à la contraception et elles évitent la grossesse, voilà ce qu'elles font… Les gens qui se font avorter sont très souvent noirs ou hispaniques, ou de milieux très pauvres, pour être honnête. »

L’alt-right de Richard Spencer justifie la contraception… pour les Latinos


Et ce serait donc moins grave. La preuve ? La suite de la vidéo :

« Et ainsi la croisade anti-avortement devient cette croisade pour les “droits de l'homme”. Et si vous regardez ce qu'écrivent des gens comme Ramesh Ponnuru (National Review) tout cela est directement associé avec ceci… Que chaque être qui est humain à un droit à la vie et ainsi de suite. Et bien, ce n'est pas notre manière de penser, à nous identitaires, pour être honnête. Vous faites partie d'une communauté, vous faites partie d'une famille, vous faites partie d'un collectif. Vous n'avez pas un quelconque droit de l'homme, une chose abstraite qui vous aurait été donnée par Dieu ou par le monde ou quelque chose comme cela. Vous faites partie d'une communauté et c'est là que vous obtenez votre signification et vos droits. La croisade anti-avortement est souvent associée avec la famille, la famille traditionnelle, mais pour être honnête cela s'est dégradé non seulement en dogme des droits de l'homme mais dans une sorte de dogme dysgénique du genre “nous sommes le monde”. »

Derrière le délire, on devine le totalitarisme. Pour l’alt-right, il n'y a pas de droits individuels et d'ailleurs il n'y a pas de Dieu, observe van Maren. Et il rappelle opportunément le sens du mot dysgénique : « C'est la promotion de caractéristiques indésirables par la licence donnée aux “spécimens inférieurs” de se reproduire. »

La « tentation provie » et les mouvements chrétiens rejetés par Richard Spencer


Notant avec désapprobation que la « propagande provie » dénonce le « génocide des Noirs », Richard Spencer affirme que pour les « alt-right ou identitaires », il est impossible d’aborder la question dans une optique binaire, « bien-mal ».

« Il nous faut envisager la question de l’avortement d’une manière compliquée, ainsi que la question le mérite », explique-t-il. Sa démonstration est étrange. Il pense que la contraception a eu de mauvais effets pour le monde et s'explique ainsi : « Les gens intelligents ont recours au planning familial parce que naturellement ils décident sur le long terme… ils ne vont pas simplement avoir des relations sexuelles sans capote et provoquer des grossesses, etc. En un sens la contraception a été terriblement dysgénique au sens que seules les personnes intelligentes s'en servent vraiment. Les gens intelligents utilisent l'avortement dans une situation comme la trisomie 21 ou lorsque la santé de la mère est menacée. Je dirais que ce sont les gens inintelligents et les Noirs et les hispaniques qui utilisent l'avortement comme moyen de contrôler les naissances, une sorte de contraception tardive. »
Traduisez : le problème de la contraception, c'est qu'elle n’est pas employée par ceux qui devraient l'employer. Mais les Blancs sont tellement intelligents qu'ils en arrivent à ne pas remplacer leur propre population…

Les alt-right aux Etats-Unis fascinés par Douguine et de Benoist


De fait, Richard Spencer affirme expressément que « nous devons reconnaître ce potentiel, à la fois pour le bien et pour le mal au sein de la contraception elle-même : elle peut être d'un très grand avantage pour notre peuple, pour notre race, ou bien elle peut être d'une très grande nocivité. La contraception a été très nocive car précisément les gens qui ne devraient pas y avoir recours l'utilisent. Nous voulons que les gens intelligents aient plus d’enfants. Et j'aimerais bien parfois que les gens intelligents prennent un peu plus de risques. Ne planifiez pas. N'utilisez pas le préservatif. Ce que je dis, au fond, c'est que l'avortement est une question beaucoup plus compliquée que cette logique binaire du bien ou du mal que veulent utiliser le mouvement provie et le mouvement chrétien. Nous devons être plus adultes qu'ils ne le sont. »

Et il enfonce le clou : « Nous devons reconnaître que le mouvement provie n’est pas l’alt-right, qu'il n'a rien de commun avec les identitaires, et je crois que nous devons vraiment nous méfier de ceux qui pensent en termes de droits de l'homme et qui s'intéressent à l'adoption d'enfants africains pour les amener dans ce pays et qui se font embobiner par ce discours. Nous voulons être un mouvement qui s'intéresse aux familles, et à la vie au sens le plus profond, pas simplement les “droits” mais vraiment la vie grande, et la grandeur, et les familles belles, florissantes, productives. Nous voulons être eugéniques au sens le plus profond du mot. Les provie veulent être des promoteurs bruyants des droits de l’homme multiraciaux, radicalement dysgéniques, égalitaires – ils ne sont pas nous. »
Ne pas comprendre qu'il s'agit là d'une glorification de la race, de la race blanche et d'ailleurs de la race blanche sans scories comme les trisomiques, c'est se leurrer sur les objectifs de l’alt-right – et oublier ce que signifie, à l’inverse, être chrétien. Voilà la contraception et l’avortement justifiés pour autant qu’ils contribuent à diminuer le nombre des non-Blancs…

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